Quels sont les types de crises d’épilepsie?


Quels sont les types de crises?

Selon le système de classification internationale, l’épilepsie désigne une dizaine de troubles et de syndromes convulsifs. Néanmoins, l’épilepsie est classée en deux grandes catégories : les crises généralisées et les crises partielles. Chez les gens âgés de moins de 40 ans, environ 50 p. cent des nouveaux cas d’épilepsie se manifestent par des crises généralisées et 50 p. cent par des crises partielles.


Qu’est-ce qu’une crise partielle?

reddotLes crises partielles sont localisées dans une seule région du cerveau, appelée origine focale, et n’affectent qu’une partie du cerveau. Selon l’origine focale et la partie du cerveau touchée, les crises partielles peuvent ou non être associées à des altérations de la conscience.

 

 

 

 

 

 


Qu’est-ce qu’une crise généralisée?

pulsingLes crises généralisées, qui sont caractérisées par une activité électrique anormale, touchent la totalité du cerveau, sans origine focale apparente ni signal d’avertissement. Ces crises entraînent une modification de la conscience. Elles peuvent être convulsives ou non.

 

 

 

 

 

 


Qu’est-ce qu’une crise partielle simple?

Les crises partielles qui ne modifient PAS la conscience sont appelées « crises partielles simples ». Elles étaient appelées autrefois « crises focales », car elles n’intéressent qu’une petite région du cerveau (le siège focal). Durant ce type de crise, la personne est consciente de ce qui se passe. Une crise partielle simple est habituellement de courte durée. Ce type de crises est également connu sous le nom d’« aura » parce qu’il sert souvent d’indice annonciateur qu’une convulsion plus grave est imminente

crossbrainPar exemple, si la décharge électrique anormale se produit dans la région du cerveau responsable de la vision, la personne percevra des lumières clignotantes. Si la crise est localisée dans l’aire sensitive du cerveau, la personne ressentira des picotements au niveau d’un bras ou d’une jambe; si la région motrice est touchée, la personne subira des soubresauts au niveau d’un membre. Certaines personnes éprouvent un sentiment envahissant de peur lorsqu’une autre région du cerveau est affectée, ou encore elles perçoivent une odeur désagréable.


Qu’est-ce qu’une crise partielle complexe?

Les crises partielles complexes touchent des structures centrales profondes du cerveau qui régissent la conscience. Ces crises entraînent donc des altérations ou une perte de la conscience. Elles étaient autrefois appelées crises psychomotrices ou du lobe temporal, car elles sont souvent localisées au niveau des lobes temporal ou frontal. Les fonctions cérébrales localisées dans ces lobes sont aussi complexes que les crises qui les affectent.

Une crise partielle complexe peut se présenter d’abord comme une crise partielle simple (associée à des émotions ou à des sentiments inhabituels) avant de se propager à des régions du cerveau qui contrôlent la conscience. Elles peuvent aussi se déclarer sans avertissement avec une altération de la conscience. La personne qui fait une crise partielle complexe regarde dans le vide et fait des gestes automatiques répétés dont elle n’a pas conscience, comme claquer des lèvres, tirer sur ses vêtements, marcher au hasard avec un air désorienté et confus. Ces mouvements sont appelés automatismes. Durant ce type de crises, la capacité de la personne à parler, à comprendre et à répondre est habituellement affectée.

Il s’agit d’un type très courant de crises, bien que souvent le grand public ne l’associe pas à l’épilepsie. Les gens qui font une crise partielle complexe sont parfois traités comme s’ils étaient en état d’ébriété ou intoxiqués par des drogues, et par conséquent, ils sont souvent traités inadéquatement.


Qu’est-ce qu’une aura?

Une aura est un autre nom pour une crise partielle simple. Elle sert souvent d’indice annonciateur qu’une convulsion plus grave est imminente.


Qu’est-ce qu’une crise tonico-clonique généralisée ou grand mal?

Ce type de crises est le plus couramment associé à l’épilepsie par le grand public. Ces crises étaient autrefois appelées grand mal, mais maintenant le terme correct utilisé est crise tonico-clonique : tonique qui signifie raidissement et clonique qui signifie contraction. Il s’agit d’une crise généralisée – c’est-à-dire que la majorité des cellules nerveuses du cerveau produisent une décharge électrique en même temps – ce qui provoque la perte de conscience. La personne demeure inconsciente pour la durée de la crise.

Durant la phase tonique, les muscles du corps se raidissent. La personne lâche habituellement, qui est en fait le son de l’air expulsé par la contraction des cordes vocales. Le raidissement des muscles entraîne la chute de la personne. Le dos se cambre, les yeux se renversent et les membres se raidissent. La respiration est difficile à cause de la contraction des muscles du tronc et, en raison du manque d’oxygène, la peau prend une couleur bleue/grise.

Rapidement, la phase clonique s’installe et les membres, le corps et la tête commencent à s’agiter de façon rythmique. La salive s’accumule dans la mouche et il peut y avoir une morsure de la langue. Il se peut aussi qu’il y ait une perte des urines ou des selles. La convulsion dure habituellement 1 à 3 minutes, puis les secousses s’atténuent et la crise prend fin. Un soupir peut être audible lorsque la respiration redevient normale.

Après une crise tonico-clonique, la tension du corps se relâche. Les cellules nerveuses du cerveau réagissent à leur production massive d’activité électrique au cours de la crise. Pendant quelques minutes voire quelques heures, la personne est souvent confuse, somnolente et irritable, et peut avoir des maux de tête. Il faut lui accorder du repos jusqu’à ce qu’elle se soit entièrement rétablie.


Qu’est-ce qu’une crise d’absence généralisée ou petit mal?

Concernant plus souvent les enfants, les crises d’absence (autrefois appelées petit mal) sont de très brefs épisodes de fixité du regard. Durant ce type de crises généralisées (touchant la totalité du cerveau), l’enfant perd complètement la conscience pendant quelques secondes et ne réagit plus

Ces épisodes de regard vitreux apparaissent et disparaissent brusquement et durent habituellement moins de 10 secondes. L’enfant semble être étourdi, rêvasser ou regarder dans le vide. À l’occasion, on note une révulsion des yeux et un bref clignement des paupières. Des mouvements de la bouche, des mains et de la tête peuvent accompagner le regard fixe, en particulier si la convulsion dure plus de 10 secondes. Après coup, l’enfant retourne à la conscience et ne garde aucun souvenir de la crise.

Les crises d’absence passent souvent inaperçues ou sont considérées à tort comme des rêves éveillés. Un enfant peut faire plusieurs crises d’absence durant une journée, ce qui entraîne des interruptions dans la continuité de son expérience.

Durant une crise d’absence, le cerveau produit une décharge électrique caractéristique : une décharge à pointes/ondes de 3 cycles par seconde qui apparaît à l’EEG, particulièrement lorsque la convulsion est provoquée par l’hyperventilation (respiration rapide). Chez approximativement 75 p. cent des enfants, les crises d’absence disparaissent après l’âge de 18 ans.


Qu’est-ce qu’une crise d’absence atypique?

Les crises d’absence atypiques sont similaires aux crises d’absence typiques [voir la question ci-dessus], mais elles se manifestent par davantage de mouvements saccadés ou automatiques, une durée de plus de 20 secondes, une perte incomplète de la conscience, et sont associées à d’autres types de crises et à un système nerveux endommagé. Les crises d’absence atypiques sont plus susceptibles de se produire chez les enfants qui présentent un retard du développement.


Qu’est-ce qu’une crise myoclonique?

Le terme myoclonique vient de l’association de deux termes : myo qui signifie muscle et clonique qui signifie contraction brusque. Une décharge anormale d’électricité dans l’aire de contrôle motrice du cerveau est à l’origine de ces crises, qui se manifestent par des secousses musculaires brusques et intenses concernant les bras, les jambes, le cou et/ou le tronc. Les crises myocloniques touchent habituellement les deux côtés du corps en même temps et peuvent entraîner des chutes. Ce type de crises survient dans divers syndromes épileptiques, notamment l’épilepsie myoclonique juvénile.

Les contractions myocloniques ne sont pas toutes des crises épileptiques. En effet, elles peuvent aussi intéresser la moelle épinière, non seulement le cerveau. En fait, il est normal pour les personnes ne faisant pas d’épilepsie de ressentir des soubresauts en s’endormant, ce qui les réveille soudainement. C’est ce que l’on appelle myoclonie du sommeil et il ne s’agit pas d’une convulsion.


Qu’est-ce qu’une crise atonique?

Lorsqu’une crise touche une région du cerveau responsable du tonus musculaire, les muscles du cou, des bras, des jambes ou du tronc peuvent subitement perdre leur tonicité sans avertissement. La tête s’incline vers l’avant, les bras perdent leur tonus, les jambes ne portent plus la personne et celle-ci peut tomber au sol. C’est ce que l’on appelle une crise atonique : a signifiant non et tonique signifiant raideur. Les crises atoniques durent seulement quelques secondes. Puisque ces crises se caractérisent par des chutes soudaines, d’où vient le nom de crises avec chute, elles sont particulièrement dangereuses. Les personnes souffrant de crises atoniques portent parfois des casques pour se prémunir contre les blessures.


Qu’est-ce qu’une crise généralisée secondaire?

Les crises généralisées secondaires se présentent initialement comme des crises partielles. Elles se manifestent d’abord dans une région du cerveau sous forme d’aura (crise partielle simple) ou comme un changement de la conscience (crise partielle complexe) avant de se propager à tout le cerveau pour devenir des crises généralisées, habituellement tonico-cloniques, lesquelles sont caractérisées par une perte de conscience. Les crises généralisées secondaires ont un foyer d’origine, à la différence des crises généralisées primaires qui se déclarent dans tout le cerveau en même temps.


Qu’est-ce qu’un syndrome épileptique?

Lorsqu’une personne présente un trouble épileptique ayant des caractéristiques particulières, on parle de syndrome. Les syndromes sont un ensemble de symptômes ou signes qui le définit. Parmi les syndromes les plus courants et bien définis se trouvent les crises fébriles, les spasmes infantiles, le syndrome de Lennox-Gastaut, l’épilepsie rolandique bénigne, l’épilepsie myoclonique juvénile, les épilepsies réflexes, l’épilepsie du lobe temporal et l’épilepsie du lobe frontal.


Qu’est-ce qu’un état épileptique

Les crises épileptiques prennent habituellement fin après quelques secondes ou minutes, mais dans de rares cas, la crise ne se termine pas. Lorsqu’une crise dure plus de 30 minutes, ou qu’il se produit une série de crises répétées, on parle d’état épileptique. Cet état d’activité épileptique continue peut se produire dans tout type de crises et est considéré comme une urgence médicale.