Qu’est-ce que l’épilepsie?


Qu’est-ce que l’épilepsie?

L’épilepsie est définie comme étant une prédisposition aux convulsions récurrentes. On parle aussi de trouble épileptique. Il faut noter qu’une seule crise isolée n’est pas nécessairement un signe d’épilepsie.


L’épilepsie est-elle une maladie?

Non. L’épilepsie est un trouble du système nerveux central, plus particulièrement du cerveau.


Comment notre système nerveux fonctionne-t-il?

nerveComme l’illustre ce diagramme, les nerfs de notre organisme agissent comme des lignes téléphoniques, permettant au cerveau de communiquer avec le corps par l’entremise de signaux. C’est ce que l’on appelle le système nerveux, lequel est un élément essentiel de l’organisme:

« Dès notre naissance, jusqu’à notre mort, ce réseau de communication régit toutes nos pensées, nos émotions, chacun de nos pas, chaque impression que nous ressentons. Sans lui, nous ne pourrions concevoir aucun projet, éprouver une émotion, déplacer un muscle ou distinguer entre plaisir et douleur. Nous serions privés des plaisirs de la vie comme ceux que nous apportent la nourriture, la musique, les œuvres d’art, la poignée de main d’un ami. » The Body, Life Science Library, p141

Chez les épileptiques, le système neurologique du cerveau fait défaut à l’occasion.

 

 


Comment notre cerveau fonctionne-t-il?

brainchartLes diverses parties du cerveau assurent chacune des fonctions différentes : la vue, le langage, l’ouïe, le raisonnement. Le côté gauche du cerveau régit les mouvements du côté droit du corps et perçoit les sensations du côté droit du corps, et vice versa. Les données semblent indiquer que l’hémisphère gauche du cerveau intervient dans le raisonnement et la communication, alors que l’hémisphère droit serait le siège des émotions et de la perception des formes. Toutes les parties travaillent de concert grâce à un réseau de cellules nerveuses appelées neurones et de fibres nerveuses.

 

brainaniLe cerveau fonctionne à l’électricité. À l’état normal, le cerveau génère constamment des rythmes électriques ordonnés. Des millions d’infimes charges électriques se propagent d’un réseau de cellules nerveuses dans le cerveau à toutes les parties du corps par des messagers chimiques que l’on appelle neurotransmetteurs, qui excitent ou inhibent les cellules nerveuses. En d’autres mots, les cellules nerveuses, ou neurones font office de réseau téléphonique pour le cerveau, transmettant les charges électriques d’un point à l’autre. Les expériences humaines normales surviennent quand les parties spécialisées du cerveau responsable du goût, de l’odorat, du mouvement, de la mémoire, etc., sont suffisamment excitées. C’est ce qui nous permet de penser, de ressentir et de bouger.

Bougez un doigt. Ce mouvement fait appel à des fibres musculaires de chaque côté de l’articulation du doigt. Les divers types de cellules cérébrales régissent les différentes fibres musculaires, et c’est grâce à leur décharge coordonnée que vous êtes en mesure de lever votre doigt aussi facilement.

 


Qu’est-ce qu’une crise d’épilepsie?

Une crise se produit lorsque l’équilibre électrique normal du cerveau est déréglé. Les cellules court-circuitent : soit qu’elles produisent une décharge lorsqu’elles ne le devaient pas ou qu’elles ne le font pas lorsqu’elles le devraient. Il en résulte une brève perturbation anormale spontanée et incontrôlable de l’activité électrique du cerveau. Les crises d’épilepsie représentent les effets physiques de telles augmentations de l’énergie électrique dans le cerveau.

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Durant une crise, les signaux déréglés du cerveau parcourent le système nerveux jusqu’à des récepteurs, comme les nerfs qui perçoivent la lumière dans les yeux et ceux qui fléchissent les muscles. Ces signaux désordonnés peuvent empêcher les yeux de comprendre ce qu’ils voient, ce qui explique pourquoi une personne peut fixer au loin durant une crise. Ou encore le tonus musculaire des jambes est affecté, ce qui peut occasionner des chutes. Le type de crises dépend du nombre de cellules et de la partie du cerveau en cause. Les crises épileptiques peuvent provoquer une modification du comportement, de la conscience, des mouvements, de la perception et/ou de la sensibilité.


Qu’est-ce que le seuil critique?

Le seuil critique est le niveau de stimulation auquel le cerveau est soumis pour qu’une crise épileptique se produise. Une très forte fièvre, par exemple, peut exciter suffisamment le cerveau pour provoquer une crise. Les gens atteints d’épilepsie ont un seuil critique plus faible que la normale, ce qui signifie qu’un stimulus légèrement élevé peut occasionner une crise. Le seuil critique est en grande partie héréditaire, mais d’autres facteurs peuvent l’affecter. Le jeune âge et une forte fièvre peuvent abaisser le seuil critique, rendant un enfant plus susceptible aux crises épileptiques.


Quelles sont les causes de l’épilepsie?

L’épilepsie peut résulter de plusieurs causes. Chez un sujet donné, la cause peut être une combinaison du seuil critique déterminé génétiquement, d’une anomalie cérébrale sous-jacente qui prédispose à l’épilepsie, et de facteurs déclenchants. Il est habituellement difficile de déterminer la cause spécifique de l’épilepsie. Dans environ 60 p. cent des cas, aucune cause n’est trouvée à la grande frustration des patients épileptiques. Lorsqu’on ne peut identifier la cause précise, on parle d’épilepsie idiopathic. Dans de nombreux cas, on présume que la cause est héréditaire.

Lorsque la cause est identifiable, on dit que l’épilepsie est symptomatique En fait, lésions, cicatrices, enchevêtrement de vaisseaux sanguins ou autres anomalies cérébrales sont autant de facteurs qui peuvent intervenir dans le fonctionnement électrique délicat du cerveau. Les causes courantes sont les traumatismes crâniens (p. ex. à la suite d’un accident automobile), les tumeurs, cicatrices ou blessures cérébrales, les lésions cérébrales au cours du développement fœtal, les traumatismes à la naissance (p. ex. le manque d’oxygène pendant le travail), les séquelles de maladies infectieuses (p. ex. la méningite, l’encéphalite, la rougeole), l’intoxication due à l’abus de certaines substances, comme l’alcool, et les accidents vasculaires cérébraux.

Lorsque l’épilepsie est due à une lésion cérébrale acquise non identifiée, ou dont la cause est inconnue, l’épilepsie est dite cryptogénique (cachée).


L’épilepsie est-elle héréditaire?

On a découvert que certaines formes d’épilepsie sont liées à des gènes spécifiques. En outre, les scientifiques croient que tout le monde hérite d’un seuil critique qui détermine la susceptibilité aux crises; par contre, que l’épilepsie se développe ou non est une tout autre histoire. En fait, dans la plupart des cas, l’épilepsie se déclare sans qu’il y ait d’antécédents familiaux.

On estime à environ 6 p. cent la probabilité qu’un parent épileptique transmette l’épilepsie à son enfant, alors que dans la population générale le risque d’épilepsie s’élève à 1 ou 2 p. cent. En somme, à moins que les deux parents aient des antécédents familiaux importants d’épilepsie, la probabilité est très faible qu’un de leurs enfants soit prédisposé aux crises.


L’épilepsie est-elle contagieuse?

Non, l’épilepsie n’est pas contagieuse. Vous ne pouvez pas « attraper » l’épilepsie d’une personne qui en souffre.


Qui est à risque?

L’épilepsie apparaît généralement durant l’enfance ou tard durant la vie, mais tout le monde peut commencer à faire de l’épilepsie. L’épilepsie peut affecter n’importe qui, peu importe l’âge, la nationalité ou la race. Elle peut même survenir chez les animaux. L’épilepsie vient au deuxième rang, après les céphalées migraineuses, des troubles neurologiques les plus courants. En effet, un Canadien sur 100 présente une épilepsie active. La probabilité de développer l’épilepsie à un moment donné de la vie (on parle ici d’incidence cumulative) est environ de 2 à 4 p. cent.


Quelle est l’histoire de l’épilepsie?

D’aussi loin que remonte l’histoire, l’épilepsie a existé. Généralement méconnue et considérée avec superstition, l’épilepsie a longuement été traitée par des moyens étranges, parfois barbares. En Babylonie, par exemple, on utilisait l’exorcisme, des amulettes et des lavements pour traiter l’épilepsie. Les peuples anciens ont souvent cru que les crises étaient un châtiment des dieux et que les épileptiques étaient des prophètes. Les attitudes des anciennes sociétés face à l’épilepsie ont légué un héritage de stigmatisation et de préjugés qui persiste encore aujourd’hui.

Certains des personnages les plus créatifs et talentueux de l’histoire étaient épileptiques, citons entre autres, Saint Paul, Alexandre le Grand, Jules César, Dante, Jeanne d’Arc, Isaac Newton, Molière, Napoléon Bonaparte, Handel, Beethoven, Flaubert, Paganini, Tennyson, Byron, Charles Dickens, Fydor Dostoyevsky, Vincent Van Gogh, Lewis Carroll, Alfred Nobel, Agatha Christie, Richard Burton.