La dépression


Par le docteur Alan Lowe, service de neuropsychiatrie et d’épilepsie à l’hôpital de Toronto, division ouest


Qu’est-ce que la dépression?

La dépression majeure, selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux-4 (DSM-IV), est un syndrome médical/psychiatrique qui se caractérise par les symptômes énumérés dans le tableau I. Le DSM-IV stipule que les symptômes doivent durer plus de deux semaines et se manifester presque tous les jours. La dépression majeure n’a rien à voir avec la tristesse normale. En effet, les symptômes sont plus fréquents, persistants et sévères. Le symptôme d’humeur dépressive, par exemple, aurait tendance à se présenter presque tous les jours pendant au moins deux semaines dans le cas d’une dépression majeure alors qu’une humeur dépressive causée par une tristesse normale ne durerait peut-être qu’un jour ou deux. Les symptômes de la dépression majeure sont plus incapacitants et peuvent entraîner une détérioration ainsi qu’une gêne fonctionnelle de presque tous les aspects de la vie d’une personne, entre autres la capacité d’exercer son emploi, d’avoir des activités sociales et de prendre soin de soi-même et de sa famille. Une diminution du fonctionnement de la personne est habituellement le résultat d’une humeur dépressive, d’une baisse d’énergie et d’un manque de motivation.

Table I Tableau I DÉPRESSION MAJEURE
  • Humeur dépressive
  • Gain ou perte de poids
  • Insomnie ou hypersomnie
  • Agitation ou léthargie
  • Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité
  • Perte d’intérêt ou de plaisir
  • Perte de concentration ou de la capacité de prendre des décisions
  • Récurrence de pensées morbides ou suicidaires
  • Il est estimé que la dépression majeure affecte entre 10 et 20 % de la population générale. Il semblerait que la dépression majeure soit plus répandue chez les femmes que les hommes, dans un rapport de 2 pour 12. Chez cinquante pour cent des gens atteints, la dépression majeure se manifeste avant 40 ans. Chez l’autre moitié, elle se présente plus tard. Les facteurs de risque associés à la dépression comprennent les antécédents familiaux de dépression, l’alcoolisme et le décès précoce d’un parent.

Quelle est la cause de la dépression?

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la dépression majeure, mais aucun facteur unique n’en est entièrement la cause. Les facteurs sont complexes, interreliés, et peuvent se chevaucher. Chez un individu quelconque souffrant de dépression, il est reconnu que la dépression est habituellement causée par une combinaison de facteurs, certains de ces facteurs ayant une plus forte contribution que d’autres. Ces facteurs sont habituellement classés par catégories, soit biologiques ou psychologiques, à la fois pour mieux les comprendre et pour faciliter le traitement.

Les causes biologiques de la dépression comprennent des facteurs tels que les altérations de la chimie du cerveau, les effets hormonaux, l’embrasement (stimulation infraliminaire répétée), la génétique, les troubles médicaux/neurologiques et la médication. Il est reconnu, par exemple, que les gens souffrant de dépression peuvent avoir de faibles taux de noradrénaline, de sérotonine ou de dopamine dans le cerveau. Dans de tels cas, le traitement médical tente de rétablir l’équilibre de ces messagers chimiques du cerveau à l’aide d’un traitement antidépresseur. On croit également que certaines conditions médicales/neurologiques, comme l’infection et le cancer, peuvent prédisposer les gens à la dépression, comme le peuvent d’ailleurs certains médicaments. Il est entendu que la génétique joue un rôle important puisque 10 à 15 % des enfants de parents souffrant de dépression courent le risque de développer ce trouble eux-mêmes. Des études sur les jumeaux ont révélé des taux de concordance élevés allant jusqu’à 50 % chez les jumeaux monozygotes et 25 % chez les jumeaux dizygotes, ce qui suggère l’implication de facteurs génétiques.

Un grand nombre de facteurs psychosociaux peuvent contribuer à la dépression. Les facteurs liés à l’environnement et les événements importants de la vie, tel que la perte précoce d’un parent, la perte d’un conjoint et un milieu familial perturbé peuvent tous contribuer à la dépression.2 Plusieurs modèles et théories psychologiques existent à propos de l’évolution de la dépression. Le modèle psychanalytique met l’accent sur le rôle des conflits internes, du sentiment de perte, du manque de sens et de l’état émotif comme facteurs contribuant à la dépression. Les modèles de comportement mettent l’accent sur la réponse du sujet face aux stresseurs et la résignation apprise par rapport à la gestion des événements externes.2 La théorie cognitive met l’accent sur la perception et les opinions négatives envers soi-même, son vécu et son avenir.2 Il est estimé que les facteurs biologiques et psychologiques contribuent tous les deux à la dépression, avec beaucoup de chevauchement entre les deux.


Comment la dépression évolue-t-elle?

L’évolution de la dépression majeure est généralement favorable. Quatre-vingts pour cent des gens souffrant de dépression se rétablissent après avoir reçu un traitement, alors que pour l’autre 20 %, l’affection devient chroniquee.2 Si la dépression devient chronique et récurrente, elle peut se présenter en moyenne cinq fois au cours d’une vie et se caractériser par des épisodes qui deviennent de plus en plus rapprochés, prolongés et sévères.


Quelles sont les conséquences de la dépression?

Si la dépression majeure n’est pas traitée, la durée d’un épisode sera d’environ 10 mois. Dans de tels cas, d’autres problèmes peuvent s’ensuivre, par exemple l’alcoolisme ou le suicide.2

Bien que la dépression majeure soit généralement traitable avec de bons résultats, c’est une affection qui passe souvent inaperçue, mais qui occasionne inutilement beaucoup de souffrance humaine, de gaspillage du potentiel humain et de pertes financières. La détérioration et l’altération fonctionnelles dans tous les aspects de la vie d’une personne sont de sérieuses conséquences de la dépression.

Dans environ 15 % des cas, les personnes souffrant de dépression iront jusqu’au suicide, la conséquence la plus grave de cette affection.2 Les facteurs de risque pour le suicide comprennent la dépression réfractaire, un sentiment d’extrême désespoir, la présence de symptômes psychotiques comme des délires, des hallucinations, des troubles de personnalité, les abus d’alcool et de drogues, l’isolement social, le chômage et l’insensibilité de la famille.2 Généralement, le taux de suicide est plus élevé chez les hommes que chez les femmes, mais ces dernières sont plus enclines aux tentatives de suicide que les hommes.2

Une évolution et une résolution favorables de la dépression signifient des épisodes dépressifs plus légers, moins d’hospitalisations, la création d’amitiés solides chez les adolescents, une dynamique stable au sein de la famille, un bon fonctionnement social pendant plus de cinq ans ainsi que l’absence d’abus d’alcool et de drogues, de symptômes psychotiques et de tout autre désordre psychotique.2


Quel est le traitement pour la dépression?

Le type de traitement dépend habituellement de la sévérité de l’état dépressif et des besoins de la personne. Un trouble dépressif mineur ne peut nécessiter qu’un traitement psychologique sous forme de psychothérapie ou d’autres formes de thérapie : thérapie de soutien, cognitive, interpersonnelle, de groupe ou familiale. Le but de chaque type de thérapie varie et il revient au thérapeute traitant de déterminer quel type de thérapie correspond le mieux à la personne. La psychothérapie, par exemple, est axée sur le partage des émotions, des conflits et de la motivation. La thérapie cognitive se penche sur la correction des perceptions et des points de vue négatifs.2 La thérapie comportementale est axée sur le développement de meilleures habiletés d’adaptation, et la thérapie interpersonnelle porte sur les problèmes interpersonnels.2

La dépression modérée ou sévère nécessite habituellement un traitement psychologique en combinaison avec un traitement médicamenteux. Un antidépresseur est habituellement employé pour traiter la dépression, mais d’autres médicaments ou traitements peuvent être nécessaires en présence de symptômes très invalidants.


Quels médicaments servent à traiter la dépression?

Il existe plusieurs types d’antidépresseurs. Les plus récents comprennent les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la noradrénaline (ISRN) et les inhibiteurs réversibles de la monoamine oxydase (IRMAO). Ces derniers sont communément prescrits de nos jours pour traiter la dépression majeure parce qu’ils sont sécuritaires et comportent moins d’effets secondaires que les antidépresseurs plus anciens comme les antidépresseurs tricycliques (ATC) et les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMO). Le tableau II énumère les différents types d’antidépresseurs communément prescrits.

Les effets secondaires communs de ces nouveaux antidépresseurs comprennent les troubles digestifs, la somnolence et les maux de tête, mais dans la plupart des cas ils sont bien tolérés et aident les gens à se sentir bien et à mieux fonctionner.

Tableau II – NOMS DES ANTIDÉPRESSEURS
Type Generic Name Trade Name
SNRI Venlafaxine Effexor
SSRI Fluoxetine Prozac
SSRI Sertraline Zoloft
SSRI Paroxetine Paxil
SSRI Fluvoxamine Luvox
SARI Nefazodone Serzone
SARI Trazodone Dexyrel
RIMA Moclobemide Mannerix
MAOI Phenelzine Nardil
MAOI Tranylcypromine Parnate
MAOI Isocarboxazid Marplan
TCA Clomipramine Anafranil
TCA Impipramine Tofranil
TCA Amitriptyline Elavil
TCA Nortriptyline Pamelor
TCA Protriptyline Vivactil
TCA Desipramine Norpramin
TCA Trimipramine Surmontil
TCA Doxepine Sinequan
TCA Maprotiline Ludiomil
TCA Amoxapine Ascendin

Pourquoi la dépression touche-t-elle les gens souffrant d’épilepsie?

On croit que les gens souffrant d’épilepsie courent un plus grand risque de dépression majeure que la population générale et ceux atteints d’un autre trouble médical. On estime que près du tiers des gens atteints d’épilepsie souffrent de dépression associée à leur maladie.3,4,5,6 Un grand nombre de facteurs, tels que ceux déjà mentionnés, peuvent contribuer à la dépression majeure chez les gens souffrant d’épilepsie. Cependant, aucun facteur n’est à lui seul la cause de la dépression chez l’épileptique; on croit en effet que l’action combinée des facteurs serait plutôt responsable de la dépression. Par contre, l’ordre d’importance de ces facteurs peut varier selon l’individu.

L’activité épileptique, la maîtrise médiocre des crises, ainsi que les effets d’embrasement peuvent tous être des causes de dépression.7 Chez certaines personnes, un état dépressif transitoire peut également survenir après une crise7. Certains croient que les gens souffrant d’épilepsie du lobe temporal gauche (LTG), ainsi que ceux souffrant de troubles sous-jacents du cerveau produisant des crises, sont plus souvent prédisposés à la dépression.3,8,9 Les facteurs psychosociaux pouvant causer la dépression chez les personnes atteintes d’épilepsie comportent entre autres les difficultés d’adaptation, les limitations et restrictions imposées par la maladie, ainsi que la nature imprévisible des crises et les sentiments d’impuissance et de perte de contrôle sur sa vie.10

Rarement, la dépression peut être un effet secondaire des anticonvulsivants ou d’une combinaison de médicaments. Le phénobarbital est associé à un taux de risque de dépression de 5 %, suivi du vigabatrin, de la lamotrigine et de la phénytoïne, ce qui serait dû à à une carence en acide folique.10,11,12,13 Cependant, les anticonvulsivants ne provoquent pas tous des troubles de l’humeur. La carbamazépine et l’acide valproïque peuvent dans leur cas aider à stabiliser l’humeur et sont souvent employés en psychiatrie pour traiter le trouble bipolaire et la dépression.10,14,15


Quels sont les effets de la dépression sur les gens atteints d’épilepsie?

Depression can have a significant negative impact on people with epilepsy. Depression can result in decreased functioning in all areas of a person’s life, lead to decreased compliance with medication and increase the risk of seizures.3,10

table1La dépression peut avoir des effets négatifs considérables sur les personnes souffrant d’épilepsie. La dépression peut conduire à une diminution des capacités fonctionnelles touchant tous les aspects de la vie d’une personne, entraîner un manque d’observance relié à la prise des médicaments et augmenter le risque de crises. Lorsque le stress émotionnel et la dépression s’intensifient, les crises peuvent devenir plus fréquentes et plus difficiles à maîtriser3,16,17,18,19 Le tableau III illustre la fréquence des crises par rapport à différents états émotifs.17 La conséquence la plus grave de la dépression associée à l’épilepsie est le suicide. Le risque de suicide chez les gens souffrant à la fois de dépression et d’épilepsie est cinq fois plus grand que celui de la population générale, et 25 fois plus grand dans le cas d’épilepsie temporale du lobe temporal.3,10,20,21 Il se peut que les risques de suicide soient plus élevés chez les personnes souffrant d’épilepsie à cause d’un désordre sous-jacent du cerveau qui produit des crises et un état dépressif, des conséquences psychologiques de l’impuissance et du désespoir résultant des crises imprévisibles et non contrôlées, ainsi que de la grande disponibilité de médicaments anticonvulsifs potentiellement mortels si ceux-ci sont administrés en doses excessives ou s’ils sont consommés avec de l’alcool ou d’autres drogues.3,10,20,21


Comment la dépression est-elle traitée chez les personnes épileptiques?

Chez les gens souffrant d’épilepsie, le traitement pour la dépression peut améliorer l’humeur, l’énergie et le fonctionnement. Il peut aussi aider à diminuer les risques et la fréquence des crises, ainsi que le risque de suicide.

En règle générale, l’approche thérapeutique de la dépression chez les personnes épileptiques est la même que celle utilisée chez les personnes non épileptiques. Une combinaison d’antidépresseurs et de thérapie psychologique constitue la meilleure approche. Le traitement spécifique varie selon la personne étant donné qu’il doit correspondre aux besoins de chacun. Ce qui convient à une personne ne convient pas nécessairement à une autre. Il est donc inutile de comparer son traitement à celui d’une autre personne. Les questions spécifiques liées à sa propre thérapie et aux raisons pour lesquelles elle a été prescrite doivent être posées à son propre thérapeute/médecin, lequel pourra également vous renseigner sur toute solution de rechange possible.

Bien que le choix de traitement pour la dépression chez les personnes souffrant d’épilepsie soit très similaire au traitement employé chez les personnes non épileptiques, une attention particulière doit être portée à l’optimisation de la prise en charge des crises. Comme dans la gestion de l’épilepsie, il est important de porter attention à la maîtrise des crises et de continuer de surveiller les interactions possibles entre les médicaments ainsi que les concentrations sanguines des anticonvulsivants. Les facteurs de risque pour la dépression peuvent être diminués par l’optimisation de la prise en charge des crises, l’ajustement des médicaments (peut-être), l’évaluation des solutions de rechange et un recours limité à la polypharmacie. Grâce à la mise au point de nouveaux antidépresseurs, les personnes atteintes d’épilepsie n’ont pas à s’inquiéter de la sûreté et de l’efficacité du traitement médical de la dépression.

La prise de médicaments additionnels est une source d’inquiétude pour les épileptiques. Ils se soucient également des interactions médicamenteuses et des effets de ces médicaments sur la maîtrise des crises. Le traitement antidépresseur est habituellement temporaire, contrairement au traitement anticonvulsivant. Selon la gravité de la dépression, le traitement médicamenteux varie de six mois à un an.2 Dans les cas où la dépression est significativement réfractaire ou invalidante, la personne doit parfois, quoique rarement, continuer à prendre des antidépresseurs pour la plus grande partie de sa vie.2 En règle générale, les bienfaits surpassent les risques associés à la prise temporaire d’antidépresseurs en même temps que des anticonvulsivants, puisqu’ils aident à soulager la dépression, à diminuer le risque de suicide et à maîtriser les crises.


Les antidépresseurs peuvent-ils avoir une incidence sur la maîtrise des crises épileptiques?

Les antidépresseurs les plus récents ont été mis au point pour réduire leur toxicité en cas de surdosage comparativement aux anciens antidépresseurs tricycliques. Ils sont nettement plus sûrs et comportent moins d’effets secondaires. En règle générale, les nouveaux antidépresseurs n’augmentent pas la fréquence des crises et peuvent même la diminuer chez certaines personnes épileptiques.22,23,24,25,26,27,28,29 Ces médicaments peuvent aider à maîtriser les crises en soulageant la détresse émotionnelle et la dépression (lesquelles sont des facteurs pouvant déclencher les crises), et en améliorant l’observance du traitement, les concentrations des anticonvulsivants et le fonctionnement. Habituellement, les ISRS plus récents devraient constituer le premier choix dans le traitement médical de la dépression chez les épileptiques.

L’utilisation des anciens antidépresseurs tricycliques a suscité beaucoup d’inquiétudes et de mises en garde, car l’on croyait que ces médicaments abaissaient le seul critique et entraînaient des crises à des doses toxiques ou élevées.10,30,31,32,33,34,35,36 Or, bien qu’ils soient associés à un risque plus élevé de crises, les observations ont révélé en grande partie que ces effets n’étaient pas significatifs sur le plan clinique.10,30,31,32,33,34,35,36 Néanmoins, en raison du risque de crises associé aux anciens antidépresseurs tricycliques et à certains nouveaux antidépresseurs comme l’amoxapine, la maprotiline et le bupropion, ces agents sont généralement évités chez les personnes atteintes d’épilepsie.37,38,39,40 Les antidépresseurs les moins susceptibles de provoquer des crises sont les ISRS, et ceux les plus susceptibles d’en provoquer sont les antidépresseurs tricycliques et le bupropion.

Le médecin doit faire preuve de prudence et utiliser son jugement dans le choix des nouveaux antidépresseurs, mais les réserves voulant que ces médicaments aggravent les crises ne sont plus justifiées. En fait, éviter de prescrire ces médicaments potentiellement très utiles peut accroître la morbidité et la mortalité chez les personnes souffrant de dépression et d’épilepsie. Une autre forme de traitement médical dans la dépression majeure est la thérapie électroconvulsive (TEC). La TEC consiste en l’induction d’une crise maîtrisée pour traiter la dépression. Elle peut également être utilisée chez les personnes épileptiques souffrant de dépression, les observations cliniques ayant démontré qu’elle ne diminue pas la maîtrise des crises.41

Les antidépresseurs peuvent être associés à de légères augmentations des concentrations des anticonvulsivants. Cet effet n’est habituellement pas important sur le plan clinique et, dans certains cas, il peut même entraîner une meilleure maîtrise des crises.42,43,44 Cependant, les concentrations d’anticonvulsivants doivent être surveillées, et l’on doit être particulièrement prudent si plusieurs anticonvulsivants sont administrés en concomitance afin d’éviter les problèmes de toxicité.42,43,44


Les traitements psychologiques peuvent-ils soigner la dépression?

De nombreux traitements psychologiques sont utiles pour soigner la dépression chez les personnes épileptiques, particulièrement lorsqu’ils sont combinés à un traitement médical. Ces traitements incluent notamment la psychothérapie, la thérapie cognitive visant à développer des stratégies d’adaptation, la relaxation et la thérapie de soutien. Le type de traitement dépend de l’état particulier du patient, du traitement privilégié par le thérapeute/médecin, et de ce avec quoi le patient se sent le plus à l’aise. Généralement, tous les traitements peuvent se révéler utiles.


Que faut-il faire si vous souffrez de dépression?

Si vous croyez souffrir de dépression, vous devez rechercher l’aide appropriée auprès de votre médecin ou de votre neurologue, qui vous orientera vers un psychiatre, un neuropsychiatre ou un psychologue qualifié dans le traitement de la dépression. Il est également utile de se tourner vers la famille, les amis et d’autres professionnels de la santé, comme des infirmières, des travailleurs sociaux ou des ergothérapeutes/conseillers. Si votre dépression est très grave et que vous être en situation de crise, communiquez immédiatement avec votre médecin ou rendez-vous aux services des urgences de l’hôpital le plus près de chez vous.

Évitez de vous isoler, observez votre traitement médical et renseignez-vous ainsi que votre famille sur la dépression afin de vous aider à reprendre en main votre situation.

Les proches des personnes peuvent aider la personne souffrant de dépression en offrant leur soutien et leur compréhension, en évitant de jeter le blâme, en diminuant les conflits, en en favorisant un sentiment d’autonomie et d’indépendance, et en s’éduquant sur la dépression. Ils peuvent être d’une grande aide en encourageant la personne à chercher de l’aide lorsque cela est nécessaire.


En conclusion

Les personnes épileptiques sont susceptibles de souffrir de dépression et de ses conséquences graves. Toutefois, il existe des traitements qui sont sûrs et efficaces. Les gens atteints d’épilepsie devraient pouvoir se sentir bien et fonctionner de façon optimale.


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