La nutrition et l’épilepsie


Les épileptiques doivent-ils suivre un régime particulier?

Il est important que les personnes épileptiques suivent un régime nutritif et équilibré. En effet, de bonnes habitudes alimentaires et un mode de vie sain sont importants pour la maîtrise optimale des crises. Néanmoins, aucun régime particulier n’est prescrit dans l’épilepsie.

Pour prévenir les carences alimentaires, assurez-vous d’avoir un apport adéquat d’éléments nutritifs grâce à une alimentation incluant les vitamines et les minéraux suivants : acide folique (couramment retrouvé dans les fruits et légumes crus ou légèrement cuits), calcium et magnésium (la source principale étant les produits laitiers), vitamine B12 (viandes et produits laitiers) et vitamine K (légumes-feuilles verts et grains céréaliers). La vitamine D se retrouve dans les huiles et la chair de poissons et dans le lait enrichi, et elle est également produite par l’organisme en réponse à l’exposition aux rayons du soleil. Les consignes pour une alimentation saine sont décrites dans le Guide alimentaire canadien pour manger sainement.

Si, en plus de l’épilepsie, vous souffrez d’un autre trouble médical qui requiert un régime particulier (par exemple, le diabète), il est important que vous suiviez ce régime.


Les taux de glucose élevés ou faibles peuvent-ils provoquer des crises?

Seulement dans les cas extrêmes. Néanmoins, les taux de glucose devraient être stables et modérés chez les personnes épileptiques. Les sucreries, la caféine et l’alcool entraînent des fluctuations de la glycémie et devraient donc être évités. Les pains à forte teneur en fibres ou de blé entier et les muffins au son aident à maîtriser les fluctuations du sucre dans le sang. Les protéines sont également importantes dans le métabolisme de certaines substances chimiques du cerveau et des hormones.


Les médicaments anticonvulsivants pour l’épilepsie peuvent-ils entraîner des carences alimentaires?

Les médicaments qui maîtrisent les crises peuvent empêcher l’organisme d’absorber certains éléments nutritifs, y compris la vitamine D, la vitamine K, le calcium, le magnésium, le manganèse et l’acide folique. Bien que ce problème se présente chez la plupart des gens qui prennent des anticonvulsivants, il est généralement léger et ne constitue pas de danger. Les gens les plus vulnérables aux carences en vitamines sont les gens prenant de fortes doses d’anticonvulsivants ou de nombreux médicaments, les personnes âgées, les enfants grandissants, les femmes enceintes, les alcooliques et ceux qui ont de mauvaises habitudes alimentaires.


Le calcium et le magnésium peuvent-ils maîtriser l’épilepsie?

Il est vrai qu’une carence en calcium et en magnésium peut entraîner des crises. Cependant, à moins que vous n’ayez d’autres maladies qui modifient l’absorption de ces substances, vous n’aurez aucun problème tant que vous suivez une alimentation saine équilibrée.


Qu’en est-il des autres vitamines et minéraux?

Comme nous l’avons mentionné précédemment, les anticonvulsivants peuvent nuire à l’absorption des vitamines. Ce problème peut être évité en grande partie grâce à une alimentation adéquate. Toutefois, dans de rares cas, des problèmes plus graves peuvent se produire. L’anémie peut, par exemple, survenir à la suite d’une carence grave en acide folique. De plus, une fragilité osseuse peut être liée à une quantité inadéquate de vitamine D.

Les carences en vitamine peuvent être dépistées par un examen médical et des épreuves de laboratoire. Des suppléments vitaminiques peuvent alors être prescrits au besoin. Il est toutefois déconseillé de tenter de diagnostiquer soi-même une carence en vitamine. La prise de vitamines à fortes doses, les « mégavitamines », ne servira à rien et pourrait même faire du tort. Un apport excessif en acide folique, par exemple, peut en fait réduire la maîtrise des crises.


Est-il important de manger régulièrement?

Oui. Certaines personnes sont sensibles à l’omission des repas. Sauter ou retarder un repas peut augmenter la fréquence des crises. Par conséquent, il est recommandé de prendre des repas réguliers et de suivre une alimentation saine.


La caféine, l’alcool et la cigarette peuvent-ils faire du tort?

Il est mieux de considérer ces substances comme étant des drogues plutôt que des substances ordinaires. Comme pour toutes autres drogues, elles peuvent vous faire du tort, surtout lorsqu’elles sont consommées trop souvent ou en trop grandes quantités. Il faut se méfier particulièrement de l’alcool. Consommé souvent ou en grande quantité, l’alcool peut compromettre les effets des anticonvulsivants et réduire le seuil critique. Par ailleurs, l’arrivée d’une crise alors qu’une cigarette brûle pourrait provoquer un incendie.


Les allergies alimentaires provoquent-elles l’épilepsie?

Les allergies ne provoquent pas l’épilepsie. Toutefois, elles peuvent empirer une épilepsie préexistante.


Qu’est-ce que le régime cétogène?

Ce régime particulier très riche en graisses imite les circonstances métaboliques d’un état de dénutrition dans l’organisme. Ce régime (dans lequel les gras en excès sont brulés et produisent des substances chimiques appelées cétones) s’est révélé efficace pour maîtriser les crises chez les jeunes enfants qui ne répondent pas aux anticonvulsivants. Ce régime est rarement efficace chez les jeunes de plus de 16 ans et n’agit pas dans tous les types de crises. La majorité de l’apport calorique provient d’aliments riches en gras. Le régime cétogène est fort peu appétissant et difficile à suivre. En règle générale, il est prescrit aux enfants dont l’épilepsie est réfractaire aux anticonvulsivants.

Une autre version de ce régime a récemment été mise au point : le régime avec des triglycérides à chaîne moyenne (TCM).


À qui devrais-je m’adresser pour en savoir davantage sur la nutrition et l’épilepsie?

Votre médecin et vous connaissez le mieux votre cas particulier. Consultez-le pour en savoir davantage sur l’épilepsie et la nutrition ou pour être orienté vers une nutritionniste.